Caroline Cavalier

.On dit de Caroline Cavalier qu’elle appartient à la mouvance non élitiste de la figuration narrative. Qu’elle participe à une forme d’art populaire, dit à la portée de tous, qui joue la spontanéité, le ludique, l’onirique, la simplicité et le lâcher-prise. Peut-être. Pour être franc, je ne suis pas vraiment certain qu’elle joue quoi que ce soit. Le populaire vient peut-être de la vocation première de l’artiste, qui voulait être dessinatrice de BD avant d’entrer aux Beaux-arts de Perpignan. Si ses peintures sont à la portée de tous, elles sont pourtant remplies de symboles et motifs cachés, en traits bleu clair sur fond azur. La spontanéité est ciselée, le ludique est spirituel, l’onirique est métaphorique. Les motifs simples s’accumulent en ensemble complexe. Le lâcher-prise semble proche, mais est toujours repoussé par un détail, un élément supplémentaire, un autre sens, fuyant plus que caché. Le travail de Caroline Cavalier relève du dualisme, de la cohabitation paradoxale et en même temps étrangement cohérente. Le ciel face à la mer, les poissons face aux oiseaux, les chevelures brunes et blondes, peinture et sculpture, les Beaux-arts et art premier. Cette dualité se retrouve dans son trait, avec un double niveau de lecture permanent dans la composition, qui ne demande que quelques pas en avant où en arrière pour être perçu. L’artiste cache des motifs au sein de sa peinture, dans les remous des vagues ou dans la forme des nuages. Les seuls éléments qui ne sont pas contrebalancés par un opposé sont les yeux, omniprésents et systématiquement tournés vers le spectateur. Les œuvres nous regardent, ce qui nous pousse à nous regarder nous-mêmes. Son travail est construit plutôt que composé, de façon palpable, à coup de clous et de colle. Cela donne aux idées une force tangible, pratique plus que théorique. Elle amène une rencontre, par un assemblage direct des matières, des supports et des techniques
L’œuvre de Caroline Cavalier évoque la féerie, au sens de mythologie populaire. Ses toiles, avec leurs couleurs vives et leurs personnages intriguant plus qu’inquiétant, évoquent un monde merveilleux, mais étrange, où se côtoient ogres et fées, gentil·les et méchant·es.

 
La détresse de

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